Ingénierie & Industrie
Ingénieur Électronique de Puissance : Salaire et Missions en 2026
Ingénieur électronique de puissance : missions, convertisseurs, SiC et GaN, formation, salaire 2026 selon l'Apec et évolutions de carrière.
Recharger une voiture électrique, injecter sur le réseau l'électricité d'un parc solaire, alimenter les équipements d'un satellite ou faire tourner le moteur d'un train : chacune de ces opérations passe par un convertisseur d'énergie. L'ingénieur électronique de puissance conçoit ces convertisseurs, qui transforment et contrôlent l'énergie électrique avec le meilleur rendement possible, dans un volume et une masse toujours plus contraints.
Le métier se trouve au croisement de l'électronique, de l'électrotechnique et de la thermique, et il est au cœur de l'électrification des transports, de l'industrie et de l'énergie. Cette fiche détaille les missions, les compétences, la formation, le salaire d'un ingénieur électronique de puissance et ses évolutions de carrière.
Fiche métier mise à jour le 26/09/2026.
Ce qu'il faut retenir
- L'électronique de puissance convertit et contrôle l'énergie électrique : alternatif vers continu, continu vers continu, continu vers alternatif.
- L'ingénieur électronique de puissance conçoit, dimensionne et valide onduleurs, chargeurs, alimentations et variateurs.
- Les semi-conducteurs à grand gap, SiC et GaN, transforment le métier en permettant des convertisseurs plus compacts et plus efficaces.
- Formation Bac+5 : diplôme d'ingénieur ou master en électronique, génie électrique ou 3EA.
- Salaire : l'Apec ne publie pas de données propres au métier. Ses fiches les plus proches indiquent que 80 % des offres se situent entre 35 k€ et 53 k€ brut annuels (ingénieur électronique) et entre 33 k€ et 53 k€ (ingénieur génie électrique).
Qu'est-ce que l'électronique de puissance pour un ingénieur ?
L'électronique de puissance est la branche de l'électronique qui traite l'énergie plutôt que l'information. Là où l'électronique numérique manipule des signaux de quelques milliwatts, l'électronique de puissance fait transiter des puissances allant de quelques watts à plusieurs mégawatts.
Son principe repose sur des composants semi-conducteurs utilisés en commutation, comme les MOSFET, les IGBT et les diodes, pilotés à haute fréquence pour découper et mettre en forme le courant. On distingue quatre grandes familles de convertisseurs :
- Redresseurs : de l'alternatif vers le continu.
- Hacheurs ou convertisseurs DC-DC : d'une tension continue à une autre.
- Onduleurs : du continu vers l'alternatif, par exemple pour alimenter un moteur.
- Gradateurs et cycloconvertisseurs : d'un alternatif à un autre.
Ces convertisseurs sont partout : véhicules électriques (onduleur de traction, chargeur embarqué), énergies renouvelables (onduleurs photovoltaïques, convertisseurs éoliens), ferroviaire, aéronautique, spatial, variateurs de vitesse industriels et alimentations de serveurs et d'équipements.
Pourquoi recruter un ingénieur électronique de puissance ?
Parce que le convertisseur conditionne souvent le rendement, la masse, le volume et la fiabilité du système complet. Sur un véhicule électrique, un point de rendement gagné sur l'onduleur se traduit en autonomie. Sur un aéronef ou un satellite, chaque gramme compte.
Trois évolutions rendent ce profil stratégique :
- L'électrification des transports et de l'industrie, qui multiplie les besoins en convertisseurs.
- La transition énergétique, que l'Apec identifie comme un défi majeur pour les ingénieurs du génie électrique : intégration des renouvelables intermittentes, nouveaux usages comme les pompes à chaleur et les batteries.
- L'arrivée du SiC et du GaN, qui changent les règles de conception et exigent de nouvelles compétences.
L'ingénieur électronique de puissance doit aussi composer avec une contrainte structurante : la commutation rapide génère des perturbations électromagnétiques. La conception d'un convertisseur se fait donc en lien étroit avec l'ingénieur CEM.
Quel est le rôle de l'ingénieur électronique de puissance dans l'organisation ?
Il est généralement rattaché au responsable R&D, au chef de projet électronique ou au responsable du bureau d'études. Il exerce chez les constructeurs et équipementiers de l'automobile, de l'aéronautique, du ferroviaire, du spatial et de la défense, chez les fabricants de convertisseurs et d'onduleurs, dans l'énergie et dans les sociétés d'ingénierie.
Au sein d'un projet, il travaille avec les électroniciens de commande, les ingénieurs logiciel embarqué qui programment le contrôle du convertisseur, les mécaniciens et thermiciens pour le refroidissement et l'intégration, l'ingénieur CEM et les équipes d'essais et de qualification.
Quelles sont les missions d'un ingénieur électronique de puissance ?
1. Concevoir le convertisseur
- Traduire le cahier des charges en architecture de conversion : topologie, fréquence de découpage, choix des composants.
- Dimensionner les semi-conducteurs, les composants magnétiques (inductances, transformateurs) et les condensateurs.
- Concevoir les circuits de commande rapprochée (drivers) et les protections.
- Réaliser les simulations électriques et thermiques.
2. Maîtriser la thermique et l'intégration
- Évaluer les pertes et dimensionner le refroidissement.
- Définir l'implantation et le routage des cartes de puissance avec le bureau d'études.
- Intégrer les contraintes CEM dès l'architecture.
3. Prototyper et valider
- Réaliser et mettre au point les prototypes.
- Définir et conduire les essais : rendement, formes d'onde, échauffement, tenue en tension, cyclage.
- Analyser les résultats et faire évoluer la conception.
4. Industrialiser et qualifier
- Accompagner le passage en production.
- Rédiger les dossiers de qualification et de certification.
- Gérer l'obsolescence des composants sur la durée de vie du produit.
Quelles compétences pour devenir ingénieur électronique de puissance ?
Compétences techniques
- Topologies de conversion et commande des convertisseurs.
- Semi-conducteurs de puissance : MOSFET, IGBT, diodes, et technologies à grand gap SiC et GaN.
- Composants magnétiques et thermique des composants.
- Électronique analogique et électronique de commande.
- Contraintes CEM propres aux convertisseurs.
- Mesures en puissance : oscilloscopes, sondes différentielles et de courant.
- Anglais technique pour les datasheets et la documentation.
Savoir-être
- Rigueur, notamment sur la sécurité électrique en laboratoire.
- Esprit d'analyse pour diagnostiquer les défaillances.
- Sens du compromis entre rendement, coût, masse et fiabilité.
- Travail en équipe avec les métiers du logiciel, de la mécanique et de la thermique.
Outils et environnement de travail
L'ingénieur électronique de puissance utilise des outils de simulation comme Matlab et Simulink, PLECS, PSIM ou des simulateurs de type SPICE, des logiciels de CAO électronique comme Altium Designer, et des outils de simulation thermique.
Il partage son temps entre conception et laboratoire, où il travaille sur des bancs de test sous tension. L'environnement impose des règles de sécurité électrique strictes, avec des habilitations électriques adaptées aux niveaux de tension manipulés.
Comment devenir ingénieur électronique de puissance ?
Le métier s'exerce avec un Bac+5. Les fiches Apec ingénieur électronique et ingénieur génie électrique citent comme formations de référence :
- Un master en électronique ou 3EA (électronique, énergie électrique, automatique).
- Un master en génie électrique.
- Un diplôme d'école d'ingénieurs avec une spécialisation en électronique, génie électrique ou électrotechnique.
Un doctorat est un atout sur les postes de R&D amont, en particulier sur les technologies SiC et GaN ou les composants magnétiques.
Selon l'Apec, les postes d'ingénieur électronique sont accessibles aux jeunes diplômés, mais les recruteurs privilégient les candidats disposant d'au moins un an d'expérience dans le domaine visé.
Salaire d'un ingénieur électronique de puissance en 2026
L'Apec ne publie pas de données de rémunération propres au métier d'ingénieur électronique de puissance. Ses deux fiches les plus proches donnent un ordre de grandeur (fiches consultées le 26/09/2026) :
- Ingénieur électronique : 80 % des rémunérations annuelles brutes proposées dans les offres sont comprises entre 35 k€ et 53 k€, pour une moyenne de 43 k€.
- Ingénieur génie électrique : 80 % des rémunérations proposées sont comprises entre 33 k€ et 53 k€, pour une moyenne de 42 k€.
Second repère, pour les entreprises relevant de la convention collective de la métallurgie : les salaires minima hiérarchiques 2026 publiés par l'UIMM. Un cadre débutant classé F11 a un minimum de 28 430 € brut annuels sur une base 35 heures, soit 36 959 € au forfait jours. En classe G13, le minimum est de 40 350 €, soit 52 455 € au forfait jours.
Deux précautions de lecture :
- Les fourchettes Apec portent sur des salaires proposés dans les offres, pas sur des salaires versés, et concernent des familles de métiers plus larges que l'électronique de puissance.
- Les minima de la métallurgie sont des planchers conventionnels. La classe dépend du poste, et les sociétés d'ingénierie relèvent souvent d'une autre convention (Syntec).
Les principaux facteurs de variation sont l'expérience, la maîtrise des technologies SiC et GaN, le secteur (automobile, aéronautique, spatial, énergie) et le niveau de responsabilité sur l'architecture.
Quelles évolutions de carrière pour un ingénieur électronique de puissance ?
Avec l'expérience, l'ingénieur électronique de puissance peut évoluer vers :
- Expert ou architecte en conversion d'énergie.
- Chef de projet R&D, puis responsable R&D.
- Responsable de bureau d'études.
- Ingénieur système, sur des chaînes de traction ou d'énergie complètes.
Le chef de projet R&D, le responsable R&D et le responsable de bureau d'études figurent parmi les évolutions citées par l'Apec pour l'ingénieur électronique. Les passerelles sont nombreuses vers les métiers voisins : ingénieur électronique, ingénieur électronicien, ingénieur mécatronicien ou ingénieur systèmes embarqués.
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FAQ
Qu'est-ce que l'électronique de puissance ?
L'électronique de puissance est la branche de l'électronique qui convertit et contrôle l'énergie électrique à l'aide de semi-conducteurs utilisés en commutation. Elle réalise les conversions alternatif vers continu, continu vers continu et continu vers alternatif, au cœur des véhicules électriques, des énergies renouvelables et des alimentations.
Que fait un ingénieur en électronique de puissance ?
Il conçoit et dimensionne des convertisseurs (onduleurs, chargeurs, alimentations, variateurs), choisit les composants, gère la thermique, réalise les prototypes, conduit les essais et accompagne l'industrialisation et la qualification.
Quel est le salaire d'un ingénieur en électronique de puissance ?
L'Apec ne publie pas de données propres à ce métier. Ses fiches les plus proches indiquent que 80 % des offres se situent entre 35 k€ et 53 k€ brut annuels pour l'ingénieur électronique, et entre 33 k€ et 53 k€ pour l'ingénieur génie électrique. Dans la métallurgie, le minimum conventionnel 2026 d'un cadre débutant F11 est de 28 430 € sur une base 35 heures.
Quelles études pour devenir ingénieur en électronique de puissance ?
Un Bac+5 : diplôme d'ingénieur ou master en électronique, génie électrique ou 3EA. Un doctorat est un atout sur les postes de R&D amont.
Quelle différence avec un ingénieur électronique ou électrotechnique ?
L'ingénieur électronique conçoit des circuits qui traitent surtout de l'information (signal, numérique). L'ingénieur électrotechnique ou génie électrique travaille sur la production, le transport et l'utilisation de l'énergie, installations et machines comprises. L'ingénieur électronique de puissance se situe entre les deux : il conçoit les convertisseurs à semi-conducteurs qui transforment l'énergie.
Dans quels secteurs travaille un ingénieur en électronique de puissance ?
Dans l'automobile, l'aéronautique, le spatial, le ferroviaire, l'énergie (solaire, éolien, stockage), la défense et l'industrie, chez les constructeurs, les équipementiers, les fabricants de convertisseurs et les sociétés d'ingénierie.
Quels composants un ingénieur en électronique de puissance doit-il maîtriser ?
Les semi-conducteurs de puissance (MOSFET, IGBT, diodes), les technologies à grand gap SiC (carbure de silicium) et GaN (nitrure de gallium), les composants magnétiques (inductances, transformateurs), les condensateurs et les drivers de commande.
Quelles évolutions de carrière pour un ingénieur en électronique de puissance ?
Vers l'expertise en conversion d'énergie, la gestion de projets R&D, la responsabilité d'un bureau d'études ou l'ingénierie système sur des chaînes de traction ou d'énergie complètes.
